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Comment adopter de nouvelles habitudes? (Partie 2)

24 juillet 2015

Même un voyage de mille kilomètre commence par un pasQui a déjà réussi à instaurer de nouvelles habitudes facilement? Ou plutôt qui n’a jamais eu de difficulté à mettre en place de nouvelles habitudes?

Que ce soit de se (re)mettre au sport, de se lever plus tôt (notamment le weekend pour profiter de sa journée 😉 ), de manger plus sainement, d’écrire régulièrement, etc…Nous avons tous eu du mal un jour au l’autre à adopter ces habitudes qui nous feront du bien.

Dans mon article Comment adopter de nouvelles habitudes? (partie 1) je vous présentais les étapes pour instaurer de nouvelles habitudes en un mois. Cette méthode d’autoconditionnement sur 30 jours demande de l’énergie et de l’engagement, mais elle efficace. Cependant elle peut paraître difficile au début.

Dans cet article je vous présente des clés pour vous permettre de mettre en place de nouvelles habitudes avec le minimum d’effort.

Et oui c’est possible! Mais avant tout, essayons de comprendre d’où nous vient cette résistance au changement?

Dans son livre “This year I will…”, M.J Ryan, une experte du changement personnel nous explique pourquoi le changement est difficile :

Chaque fois que nous initions un changement, même positif, nous activons le mode « peur » au niveau de notre cerveau émotionnel….Si le signal de peur est assez fort, la réponse primaire de fuite ou de combat est déclenchée, nous poussant à fuir ce que nous essayons d’accomplir.

Pour ma part, cela se manifeste soit par de la fuite soit par la troisième réaction primaire face à la peur : faire le mort. Ne pouvant faire la morte sans passer pour une illuminée, ce réflexe primaire se traduit chez moi par une sorte de paralysie / léthargie saupoudrée d’une pincée d’autosabotage et d’adoration du statu quo (que je voulais pulvériser juste avant).

Cela signifie-t-il dire que nous sommes condamnés à ne pas changer à cause de notre mécanisme de fonctionnement primaire?

Heureusement la réponse est non, mais « c’est quand même dur de changer ». Comment contourner ces réactions primaires pour être de meilleurs primates?

Comme nous ne pouvons nous résigner à être des créatures dont les habitudes sont inchangeables sauf en cas de force majeure (ce serait trop désespérant et indigne de notre espèce 😉 ), la seule option acceptable est de piloter notre propre changement en développant consciemment de nouvelles habitudes.

  1. Première chose à savoir : plus nous essayons de nouvelles choses et sortons de notre zone de confort, plus l’exercice devient facile, comme si on musclait notre capacité de changement.
  2. Deuxième chose à savoir : les grands changements qui marquent une rupture avec le passé sont générateurs de stress et de peur : peur de l’échec, peur de décevoir les autres et soi-même. Par ailleurs, ils nécessitent de mobiliser une grande part d’énergie pour lutter contre les obstacles et la baisse d’enthousiasme.
  3. Troisième chose à savoir: rien ne sert de s’épuiser à essayer de tuer de vieilles habitudes. Une fois mises en place, ces routines restent gravées dans le cerveau. En revanche, les nouvelles habitudes que nous instaurons créent des chemins parallèles à ces vieux sentiers malsains.

Comment créer de nouveaux chemins de changement dans notre cerveau sans déclencher la réaction de peur?

Lao-Tseu a dit : « Même un voyage de mille kilomètres commence par un premier pas »

Et si je vous disais Kaizen, cela vous évoque-t-il quelque chose? En japonais, Kaizen signifie changer (« kai ») pour devenir bon (« zen ») et se traduit couramment en français par « amélioration continue ». C’est la stratégie des petits pas à la japonaise, appliquée notamment par Toyota pour devenir l’un des leaders de l’industrie automobile. C’est la méthode du changement continu.

La méthode Kaizen peut nous aider à établir de nouvelles habitudes, sans déclencher la réaction de peur, sans traumatisme et grande mobilisation d’énergie tout en faisant levier sur le momentum. Le momentum est cet élan, cette dynamique, cette énergie propre qui nous fait avancer.

Imaginez que vous êtes le capitaine d’un bateau et que vous devez virer de 90°. Il y a deux façons de le faire : l’une serait de virer d’un coup ce qui ralentit la course du bateau et nécessite à nouveau de l’énergie pour reprendre la course (Disclaimer : cet exemple est théorique n’étant pas une pro de bateau). C’est le changement de rupture.

Les changements de rupture sont synonymes de perte de momentum tandis que le changement progressif exploite l’élan de la course

L’autre manière de virer de 90° est de changer l’orientation de manière progressive sans ralentir la course.

Ainsi, en contournant l’obstacle numéro 1 au changement – la peur – et en utilisant notre momentum, les petits pas de la méthode Kaizen nous permettent de nous maintenir au niveau de notre cerveau « rationnel », où nous avons accès à notre créativité et à notre caractère joueur, gages de succès des aventures humaines.

 

Pensez au bébé qui apprend à marcher. Ce n’est pas un processus qui se fait du jour au lendemain. Chaque jour le bébé fait un pas de plus vers la marche. Il apprend tout d’abord à ramper, puis à redresser le buste, puis à se mettre sur ses genoux, puis sur ses petits petons en s’appuyant sur quelque chose et il finit par marcher! Tout cela dans la joie et la bonne humeur, sans angoisse, et de manière très progressive.

Prenons l’exemple de l’objectif « se réveiller 1h plus tôt chaque matin ». Vous pourriez :

  1. Stratégie n°1 :  vous faire violence, mettre l’alarme une heure plus tôt et galérer le lendemain à sortir du lit. Vous tiendrez quelques jours ou plus si vous êtes très disciplinés. Mais il y a des chances qu’au moindre signe de fatigue ou de stress (autojustification oblige) vous ne respecterez plus ce nouvel horaire de réveil.
  2. Stratégie n°2 : vous utilisez la méthode Kaizen et vous vous réveillez chaque jour une minute plus tôt. Deux mois plus tard vous vous lèverez une heure plus tôt sans même vous en rendre compte.

 

Le changement continu versus le changement rupturiste? Pour moi, ces deux là ne s’opposent pas mais forment plutôt un couple dont l’équilibre est essentiel. Un 80/20 me semble tout à fait indiqué. Les changements rupturistes volontaires devraient demeurer ponctuels pour ne pas générer du stress inutile et épuiser notre capacité de changement; ils sont à réserver pour des occasions spéciales et à accompagner avec un encadrement adéquat. Appuyons nous au quotidien sur le changement continu pour s’améliorer de manière ludique et zen!

Et vous que pensez-vous de la méthode du changement continu pour adopter de nouvelles habitudes? Quelles sont les stratégies de changement qui marchent pour vous?

 

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